Etre étudiant à Abidjan
Il est vrai que la vie d'étudiant n'est pas facile. Cependant les difficultés ne sont pas partout les mêmes. D'un pays à l'autre, l'on peut passer rapidement du " difficile " au " cauchemardesque ". Etre étudiant à Abidjan constitue un véritable parcours du combattant pour la jeunesse ivoirienne, surtout dans les universités publiques.
Dur dur d'être étudiant à " Babi " ! Et cette galère là, on la chante depuis le début des années 90, notamment avec le tube du chanteur ivoirien Didier Bilé, Gboglo Koffi et le groupe Parents du campus, qui étaient étudiants dans les cités universitaires de Yopougon, quartier populaire d'Abidjan. Un mouvement étudiant engagé qui a donné naissance à un genre musical, le Zouglou, Et les principales difficultés énoncées dans cette chanson sont encore vécues par la nouvelle génération d'étudiants. L'encadrement est le principal souci des étudiants ivoiriens. La plupart d'entre eux se plaignent du nombre démesuré d'étudiants pour le peu d'amphithéâtres ou de salle de cours. Même scénario dans les résidences universitaires, les étudiants dans les cités se regroupent à cinq ou à six dans une chambre pour deux. " Je vivais dans une cité et excuse moi du terme, c'était la merde " indique Aboubakar L Ouattara, étudiant en Sciences Fondamentales Appliquées à l'Université d'Abobo - Adjamé.
La politique est au cœur des campus publiques. Certains étudiants et personnalités politiques se retrouvent dans des lieux de rencontres appelés parlement, situés au plateau, pour débattre sur des problèmes rencontrés dans les cités et sur la politique en générale. Les vagues de contestation virent le plus souvent à l'échec en prenant des formes de violences face à l'impuissance de structures associatives dont les revendications s'arrêtent en chemin. L'un des principaux syndicats étudiants ivoirien, la Fédération Estudiantine et Scolaire de la Côte d'ivoire (FESCI), agit plus pour les intérêts des représentants politiques que pour répondre aux besoins des étudiants. La FESCI a été créée en avril 1990 par l'actuel chef d'état ivoirien, Laurent Gbagbo alors Secrétaire Général du Front Populaire Ivoirien (FPI).

Les cybers cafés constituent l'interface avec le reste du monde pour les étudiants car un grand nombre de foyers ne disposent pas d'une connexion Internet souvent trop chère. On s'y retrouve entre amis, parfois seul pour tchatter ou rechercher du contenu sur le web. Aminata Cissé, étudiante à l'université de Cocody est propriétaire d'un cyber café : " C'est mon père qui l'a fait pour passer mes temps libres et avoir un peu de sous " note la jeune ivoirienne. Cette étudiante de 23 ans, apprécie les conférences sur les MST sachant que les jeunes sont aussi concernés par ces maladies. " On parle aussi de sida dans les causeries" conclut-elle. Certains étudiants par manque de moyens, créent leurs propres activités pour financer leurs études et mieux se " démerder ". " En dehors des cours, je fais du business en Informatique " déclare Aboubakar. Encore un autre problème majeur, des bourses qui ne sont pas versées sur le compte des étudiants. La bourse d'études semble être un " produit de luxe " car elle n'est pas attribuée à une majorité d'étudiants. Généralement , elle reste sous la forme d'une promesse. " Il faut avoir de longs bras " ironise l'étudiant de 26 ans. Des étudiants ivoiriens vivant en France avaient manisfesté le jeudi 20 novembre devant l'Ambassade de Côte d'Ivoire pour le non-paiement de leurs bourses" l'Atlantique offre des bourses d'études surtout pour étudier en France " précise Ivan, 18 ans et étudiant en 1ère année de droit à l'Université privée de l'Atlantique située Cocody-Deux Plateaux. Membre de l'association étudiante des juristes de Côte d'Ivoire, il envisage une carrière dans le football. D'ailleurs, l' UA ouvrira les portes d'une résidence universitaire destinés aux étudiants pratiquant une activité sportive. Ils existent des infrastructures tels que l'Institut National de la Jeunesse et des Sports, aussi " mal géré " que les universités selon Ivan. " Ce sont les universités privées qui offrent de bonnes conditions à leurs étudiants " conclue-t-il. En effet, les étudiants peuvent trouver satisfaction dans les écoles privés reconnues par le Conseil Africain et Malgache pour l'Enseignement Supérieur (CAMES) qui leur offre un meilleur encadrement en disposant d'un équipement et d'une structure complète. Ce qui pénalise les étudiants dont les parents n'ont pas de revenus importants. La case réussite est-elle réservée aux plus riches ?
Comme le découragement n'est pas ivoirien, après les compositions, rendez-vous dans les bars climatisés, boîtes de nuit de la capitale ou tout simplement rue Princesse, réputée pour ses nombreux maquis (restaurants) et l'ambiance divertissante et festive qui y règne. Pour clôturer l'année scolaire, les universités organisent un gala de fin d'année dans des restos ou hôtels. Avec au programme des concours de beauté, un buffet bien garni et des artistes afin de mettre de la joie dans le cœur de cette jeunesse en quête d'avenir.

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