Ousman Danedjo : l’Africain blanc
Ousman Danedjo n'est ni griot, ni albinos. En bambara, peulh ou wolof, cet auteur compositeur et interprète nous restitue à travers son album*, son voyage en Afrique. Incroyable mais vrai, Ousman Djaneno, de son vrai nom François Glowinski, nous fait partager son amour pour le continent africain. Rencontre.
Vous êtes parti en Afrique à l'âge de 17 ans. Quels ont été les raisons de votre départ ?
C'est en écoutant les chansons du groupe Touré Kunda que j'ai décidé d'aller en Afrique. Leur musique m'a fait ressentir des choses sur le plan humain et musical et il était normal pour moi de partir à l'endroit d'où venait cette mélodie.
Quelles différences avez-vous constatées entre la culture occidentale et la culture africaine ?
Ce qui m'a le plus marqué c'est le contact et la simplicité des liens chez les africains. Un quart d'heure après mon arrivée, on m'avait déjà invité à prendre le thé. Il y a aussi leur façon de vivre, cette autre manière d'aborder l'autre et la vie qu'il y a dehors.
Écrivez-vous les textes ?
J'écris la plupart des morceaux mais certains textes sont coécrits. Par exemple, pour les textes en bambara, je me suis fait aidé par un ivoirien qui s'appelle Arsène Yodé.
Avez-vous vécu personnellement les situations ?
Tous les morceaux que j'ai écrit me sont arrivés, les moments de joie comme les moments de souffrance. Ce premier album est pour moi un album de remerciements et de reconnaissance. C'est cet amour à rendre qui m'a permis de faire musicalement de bonnes choses.
Éprouvez vous la même sensation lorsque vous jouez du piano ou de la kora ?
Pas du tout. Le réflexe est le même dans les doigts mais j'éprouve autre chose, le son est différent. La kora ou le ngoni sont très organiques. Lorsque je joue du piano, j'essaye quelquefois d'apporter une touche traditionnelle.
Vous citez dans l'une de vos chansons un certain nombre d'artistes africains comme Salif Kéita, Oumou Sangaré ou encore Sékouba Bambino. Les avez-vous déjà rencontrés ?
Je suis en contact avec certains artistes sur Myspace. J'ai eu l'occasion de chanter au New Morning avec Sékouba Bambino par l'intermédiaire du joueur de kora de la formation que je connaissais. J'ai vraiment de la chance d'avoir le soutien de ces artistes africains que j'estime beaucoup.
Que pensez vous des nouvelles musiques urbaines africaines comme le coupé décalé ?
Je ne suis pas fan de coupé décalé. Je préfère tout ce qui est traditionnel.
Que voudriez-vous dire aux africains qui pensent que l'Europe est l'eldorado ?
Je comprends très bien le fait qu'on préfère aller ailleurs que chez soi, mais il faut d'abord y aller avant de dire que c'est l'eldorado. Je respecte beaucoup les gens qui se sacrifient pour aider leurs familles même si je ne pense pas que l'Europe soit l'eldorado. L'Afrique a des richesses humaines et matérielles qui sont irremplaçables.
Quel est votre opinion sur les tests ADN ?
Je trouve cela monstrueux par rapport à l'histoire, à ce mal entre l'occident et l'Afrique. Ce concept est contraire à l'image de la France qui est vu comme une terre d'accueil.
Peu d'africains étaient présents lors de votre prestation le 15 novembre au Satellit Café. Avez-vous eu des difficultés à faire passer votre message sachant que les textes ne sont pas en français?
Je n'ai pas cherché à savoir s'il y avait plus de blancs ou de noirs. C'est le langage de la musique que je partage avant tout. Le texte vient au second plan. La langue est peut-être une barrière mais au-delà de cela, il y a la musique qui est le premier langage qui parle au cœur.
Mimi K.
Site Internet : www.myspace.com/ousmandanedjo
* L'album d'Ousman Djaneno sera disponible sur le marché début 2008

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